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Lorsqu’une rédactrice de débats devient auteure
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Lorsqu’une rédactrice de débats devient auteure
Mathilde Chabot ancienne rédactrice Exanote

Lorsqu’une rédactrice de débats devient auteure

Comment vous est venue l’envie d’écrire ?

Mathilde Chabot est sur le point de publier son 4e roman « Le Balayeur de neige », un roman feel good de saison à l’approche des premiers frimas de l’hiver. En tant qu’ancienne rédactrice Exanote, elle nous fait l’amitié de répondre à nos questions sur son métier de romancière et sur son projet de financement participatif sur Ulule.

Très tôt, j’ai éprouvé le besoin de raconter des histoires. J’ai fabriqué mon premier « livre » à l’âge de 9 ans. Il contenait mon premier texte, illustré par mes soins ; les pages ont ensuite été cousues entre elles par mon papa. Au collège, je me suis lancée dans l’écriture de science-fiction, je me perdais dans la longueur de l’entreprise… Au lycée, je me suis recentrée sur des textes plus courts : nouvelles, poèmes et autres. Ils me permettaient de me décharger d’un certain nombre d’émotions. C’est en avril 2013, une fois à l’université, que j’ai publié mon premier roman « Ni de Jour Ni de Nuit » en auto-publication. La gestation de ce premier livre a été très longue. Elle a démarré avec un sujet de rédaction en classe de 3e, pour se métamorphoser en nouvelle au lycée.

Certaines étapes ont-elles facilité votre processus d’écriture ?

Aujourd’hui, le plus difficile pour moi est de trouver le temps d’écrire. Pendant mes années à l’Université, j’ai pris part à de nombreux ateliers d’écriture, jusqu’à trois fois par semaine une année. Ils me donnaient ce cadre que je n’ai plus aujourd’hui. Les ateliers d’écriture m’ont également appris à tenir compte des commentaires des lecteurs. Encore aujourd’hui, je m’appuie sur les retours qui me sont faits. J’ai besoin de cette relation humaine qui lie l’auteure à ses lecteurs.

C’est d’ailleurs la réflexion d’une lectrice qui m’a inspiré mon second roman. « De Mots en Mains » raconte les pérégrinations d’un livre qui passe, de mains en mains, de lecteur en lecteur. Après ces deux premiers ouvrages, ma production d’écrits s’est sérieusement ralentie, jusqu’à s’arrêter pendant un an.

Il m’a fallu près de 5 ans pour achever mon 3roman « L’industrie du Bonheur ». Le sujet principal, les maltraitances psychologiques, résonnait trop fortement en moi. Le travail des personnages a été également très itératif pour cet ouvrage puisque je les ai créés à des périodes différentes et dans des environnements différents : tantôt en France, en Irlande ou en Corée du Sud.

C’est finalement l’échéance d’un concours d’écriture en mars 2019 qui m’a permis de rassembler chacun de ces personnages, comme un puzzle qui prend forme, et à finaliser la rédaction de ce roman feel good.

« Le Balayeur de neige » a-t-il pris son temps pour naître ?

Pour « Le Balayeur de neige », le temps d’écriture a été relativement rapide. Si le temps de réflexion peut être long, le temps d’écriture doit pour moi se resserrer sur quelques semaines seulement. L’inconscient ne semble jamais dormir et l’histoire continue à évoluer en permanence, un rythme que l’écriture ne suit pas forcément, au risque que le roman perde en cohérence.

« Le Balayeur de neige » est un roman feel good de saison avec l’approche imminente de l’hiver. Cette fois-ci, j’ai choisi d’organiser un projet de financement participatif via le site Ulule (https://fr.ulule.com/balayeur-neige/) afin de m’en servir comme d’un véritable tremplin pour m’occuper plus sérieusement de mon métier d’auteure qui commence à prendre de plus en plus d’ampleur.

Selon vous, quel est l’avantage d’auto-publier  ?

Lorsque j’ai débuté en 2013, l’auto-publication était très critiquée. Grâce à des auteurs comme Aurélie Valognes et Agnès Martin-Lugand, qui sont entrés dans le monde de l’édition traditionnelle par cette porte, les discours commencent à changer. L’édition d’un premier roman est une prise de risque pour les maisons d’édition classiques et l’auto-publication est l’occasion d’identifier les auteurs qui suscitent l’intérêt du public.

Cette solution me donne aussi l’occasion de maîtriser l’ensemble de mon œuvre, en choisissant, notamment, les illustrations moi-même. Détenir le livre-objet dans ses mains est aussi la meilleure solution pour ressentir un sentiment de clôture, sans quoi un texte ne semble jamais terminer. Incapable de lire mes 3 premiers romans, « Le Balayeur de neige » est le premier livre que j’ai réussi à lire, sans doute parce que j’ai pris plus de distance et d’assurance.

Le Balayeur de neige, roman de Mathilde Chabot, ancienne rédactrice Exanote.
« Le Balayeur de neige » de Mathilde Chabot, disponible dès à présent sur Ulule

Avez-vous des rituels lorsque vous écrivez ? Faut-il que vous soyez dans des conditions particulières ?

Je n’ai aucun rituel particulier si ce n’est que je suis incapable de travailler assise à une table, une position que j’associe au travail. Je rédige plus volontiers lovée dans un fauteuil ou un canapé. Je n’ai pas non plus de moment favori, la plupart du temps, je me mets à écrire quand l’envie s’impose à moi. Je m’aperçois cependant que les longues soirées d’hiver et leur ambiance cosy sont particulièrement propices à l’écriture.

Parmi les outils que vous utilisez, quels sont ceux que vous privilégiez  ?

L’envie d’écrire pouvant survenir n’importe quand, je m’empare de ce que j’ai sous la main et ça peut aussi bien être mon téléphone qu’un post-it, un cahier ou un ordinateur. Depuis que je suis rédactrice, j’utilise Google Docs pour mes écrits, ce qui me permet de travailler depuis n’importe quel accès internet et sans craindre le vol ou la perte de mon ordinateur. Pour les corrections j’utilise les outils de Word, Google Docs et Scribens. La conjugaison de ces trois outils me permet de réaliser une première relecture avant l’envoi à deux correcteurs amateurs, puis à une correctrice professionnelle.

Vous avez été rédactrice de débats chez Exanote, que retenez-vous de cette expérience ?

Au début, je trouvais la rédaction de comptes rendus de réunion pénible parce que j’avais peur de réduire les propos des intervenants, du coup je me réfugiais dans le mot à mot. Mais petit à petit j’ai pris de l’assurance et j’ai réussi à synthétiser davantage. En fin de compte, la transcription est une très bonne école pour apprendre à écrire rapidement et sans hésitation.

C’est aussi très amusant d’écouter l’enregistrement d’une réunion, avec la sensation d’être une petite souris assistant incognito à des discussions secrètes, puisqu’il faut conserver la confidentialité du client. Le jeu des différentes voix est aussi très drôle. On s’imagine leur propriétaire et lorsqu’il arrive que l’on assiste aux réunions, on est toujours surpris de découvrir les personnes. Je ne sais pas si c’est lié à mon expérience de rédactrice-sténotypiste, mais je ne m’arrête plus à la description visuelle de mes personnages dans mes livres, je caractérise leurs voix qui peuvent être rauques, chevrotantes, perçantes, etc. Les débats m’ont également beaucoup apporté pour rendre mes dialogues plus vivants. Pour faire une transcription de procès-verbal, nous sommes contraints d’écouter précisément tout ce qui est dit et l’on s’aperçoit que l’oral est plein d’hésitations, de tics de langage et de phrases sans fin. J’étais aussi parfois frustrée de ne pas pouvoir intervenir…

Mathilde Chabot a sans nul doute trouvé sa voie pour s’exprimer. Nous sommes fiers qu’elle ait fait partie des rédacteurs Exanote et ne pouvons que partager ses projets d’écriture que vous pourrez découvrir sur Ulule.

N’hésitez pas à partager cet interview.

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